L'État et le conseil régional de Bretagne, membres fondateurs du groupement d'intérêt public Bretagne environnement
http://www.eaubretagne.fr/Pollutions-et-menaces/Impacts-des-pollutions/Les-cyanobacteries/Une-vingtaine-d-especes-de-cyanobacteries-proliferent-en-Bretagne
Rédigé par :
Emmanuèle Savelli (GIPBE)
En collaboration avec :
Luc Brient
(Ecobio)
,
Thierry Panaget
(ARS Bretagne)
Présentes depuis près de trois milliards d’années sur Terre, les cyanobactéries, également appelées algues bleues, sont à l’origine de l’oxygénation de la planète. Bien qu’ils soient à l’origine de la vie sur Terre, ces phytoplanctons peuvent présenter un danger potentiel pour la santé humaine et animale lorsque certaines espèces toxiques se développent en trop grand nombre dans les eaux. En Bretagne, c’est à la fin des années 1970 que les premières efflorescences ont été constatées. Depuis, leur fréquence d’apparition et leurs ampleurs ne cesse d’augmenter.
Que sont les cyanobactéries ? Des êtres unicellulaires de quelques millièmes de millimètres appartenant au phytoplancton et qui, la plupart du temps, s'agglomèrent en colonies. Pendant longtemps, elles ont été appelées « algues bleues » du fait de leur pigmentation et parce qu'elles utilisent la photosynthèse tout comme les algues, mais l'absence d'une membrane isolant leur noyau les assimile plutôt aux bactéries. Il en existe 150 genres qui comptent environ 2 000 espèces au monde. Présentes depuis près de trois milliards d'années sur Terre, elles sont à l'origine de l'oxygénation de la planète. En Bretagne, seule une vingtaine d'entre elles sont impliquées dans les proliférations ou efflorescences qui se développent dans les plans d'eaux douces ou les rivières. Les cyanobactéries peuvent s'y multiplier en très peu de temps et atteindre plus d'un million de cellules par millilitre d'eau !
Les plus anciennes observations sur les cyanobactéries en Bretagne remontent à 1948 1 mais, ce n'est qu'à la fin des années 1970 que les premières efflorescences ont été constatées. Depuis, elles apparaissent régulièrement ou de façon épisodique dans les quatre départements de la région. Elles se développent dans les retenues, les plans d'eau, les canaux mais aussi les rivières calmes. De quelques individus par millilitre, il y a 40 ans, il n'est pas rare aujourdhui d'en compter 2 à 3 millions dans le même volume. Ces développements massifs de biomasse se présentent sous la forme de taches ou de traînées colorées (ou dune écume mousseuse lorsque les cyanobactéries sont très concentrées) qui peuvent rester visibles de 3 à plus de 30 jours. En général, ils se déclenchent à la belle saison, entre mi-mai et fin octobre. Si les cyanobactéries ne sont pas les seules espèces phytoplanctoniques à proliférer, elles sont, en revanche, les seules à engendrer un risque sanitaire car elles sont potentiellement toxiques.
