L'État et le conseil régional de Bretagne, membres fondateurs du groupement d'intérêt public Bretagne environnement
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Les pollutions urbaines proviennent des différents usages domestiques et collectifs de l'eau et des déchets. En 2007, la Bretagne compte 3 103 000 habitants répartis sur les quatre départements.
L'enquête réalisée en 2001 par l'Ifen-Scees estime, qu'un habitant breton consomme en moyenne 134 litres d'eau par jour pour son eau de boisson, les lessives, la toilette, la chasse d'eau ou encore l'arrosage du jardin. Après usage, l'eau s'écoule chargée de détergents, de graisses, de solvant, de débris organiques, de matières organiques azotées et de germes fécaux.
Par exemple, une maison individuelle, qui ne possède pas d' assainissement non collectif ou lorsque ce dernier est vétuste, va provoquer une pollution directe après évacuation de ses eaux usées dans le milieu naturel. Globalement, l'assainissement non collectif représente moins de 0,5 % de la pollution arrivant au milieu naturel si l'on considère le paramètre azote.
Au-delà de l'usage familial privé, on peut ajouter les eaux dites domestiques « collectives » issues des commerces, des bâtiments scolaires, des hôpitaux, etc. Elles participent autant à la surcharge en polluants de l'eau. En 2001, l'ensemble de la consommation domestique bretonne est estimé à 161 litres d'eau par jour par habitant. Les rejets radioactifs dans l'eau des centres de santé ne sont actuellement pas mesurés.
Par ailleurs, « insoupçonnable », l'eau de pluie qui ruisselle sur les surfaces imperméables (toits, bitume) pour se retrouver dans les canalisations ou les rivières est aussi une source de pollution. L'eau pluviale, en ville, se charge le long de son parcours en produits organiques et minéraux, liés au trafic automobile et à l'activité industrielle. A titre d'exemple, les valeurs observées sur les autoroutes régionales et aéroports régionaux (en moyenne et maxima) indiquent que la charge polluante amenée par les eaux pluviales est de deux à dix fois plus élevée que les seuils réglementés pour la production d'eau potable, pour les matières en suspension elle est de deux à dix-sept fois supérieure pour la demande chimique en oxygène.
Une station d'épuration est installée à l'extrémité du réseau de collecte des eaux domestiques. Sa fonction est de traiter les eaux usées pour en éliminer les polluants. Le traitement produit une eau épurée rejetée dans le milieu naturel et des boues. Pour l'année 2003 1 , le rendement épuratoire global des stations bretonnes est de 80 % pour les nitrates, 70 % pour le phosphore et de 87 % pour les matières organiques. L'arrêté du 22 décembre 1994 précise que le rendement minimum pour la demande chimique en oxygène est de 75 %. En zones sensibles, pour l'azote et le phosphore il est de 70 % et 80 %. La production des boues d'épuration s'élève à 50 387 tonnes de matières sèches dont 54 % sont épandues sur les champs.
Enfin, le désherbage pratiqué par les particuliers et les collectivités, est une autre forme de pollution urbaine de l'eau. Lorsqu'ils utilisent des désherbants chimiques pour embellir leurs espaces verts, entretenir leurs jardins, les « jardiniers » et agents des collectivités contribuent pour une large part aux risques de pollution des eaux. Par exemple, en 2004, le diuron, herbicide utilisé principalement en zones non agricoles, a été retrouvé dans plus de 60% des échantillons 2 .
Si l'on pense aux déchets « directs » de notre consommation, d'autres formes de pollution urbaine existent comme celles issues de la production de résidus physiques. Il s'agit de déchets d'origine humaine (plastiques, papiers, ferrailles, peintures, déchets toxiques) ou de déchets des végétaux (les tontes des gazons, taille des arbres, etc.).
Les jus ou lixiviats issus des décharges brutes présentent des nuisances pour l'environnement et l'homme si elles ne sont pas réhabilitées. En Bretagne, en 2002, 536 décharges brutes ont été recensées, dont 18 % de sites qui présentent un impact fort sur l'environnement. Le Morbihan a réhabilité plus de la moitié des décharges recensées en 1996, alors que la moyenne régionale est de 35 %.
