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Dernière modification le 21 octobre 2009

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fiche indicateurs

Exposition de la population bretonne à une eau potable non-conforme en pesticides

Rédigé par :

Emilie Novince (GIPBE)

En collaboration avec :

Thierry Panaget Agence régionale de santé en Bretagne (ARS Bretagne)




En 2008, 4,7 % de la population bretonne a été concernée par un dépassement de la limite de 0,1 µg/l de pesticides dans l’eau potable. Les durées de non-conformité sont le plus souvent de quelques jours et toujours inférieures à un mois. Les non-conformités résiduelles enregistrées sont généralement dues à des dysfonctionnements ponctuels des dispositifs de traitement. L’amélioration enregistrée depuis une dizaine d’année est due à la baisse importante des teneurs maximales observées dans les eaux brutes et à la généralisation des traitements de potabilisation au charbon actif (94 % des eaux traitées).


1. Évolution de la population bretonne exposée à une eau potable non-conforme en pesticides de 1997 à 2008

En 2008, 4,7 % de la population bretonne a reçu une eau potable non-conforme à la limite de 0,1 microgramme (µg) de pesticides par litre d’eau potable.
Pour les habitants concernés, les dépassement ont été généralement de faible ampleur et le maximum atteint a été de 0,3 µg/l en déséthylatrazine. Les principales molécules causes de dépassement sont l'acétochlore, le carbofuran et la déséthylatrazine. Aucune restriction d’usage de l’eau n'a été nécessaire en 2008 pour la consommation et la préparation d’aliments.

Les variations observées ces dernières années sont dues à des dysfonctionnements des unités de traitements desservant des populations plus ou moins importantes. 38 communes concernées en 2007 et 37 communes en 2008. Le nombre de communes ne varient que peu, par contre en 2008 certaines grosses communes ont fait l’objet de dépassement ce qui à considérable augmenté le nombre d’habitants concernés.
L’amélioration enregistrée depuis une dizaine d’année est due à la baisse des teneurs maximales observées dans les eaux brutes et à l’usage accru des traitements de potabilisation au charbon actif. En 2008, 94 % des unités de traitement d'eau potable bretonnes ont recours au charbon actif. Pour l’essentiel, les non-conformités résiduelles sont dues à des défaillances de ce traitement.

Pour l’avenir il convient cependant d’être attentif d’une part, aux eaux souterraines qui ne sont généralement pas couvertes par un traitement au charbon actif et d’autre part, à l’émergence des nouvelles molécules commercialisées plus difficiles à détecter et à traiter. Actuellement, les produits phytosanitaires commercialisés agissent à des doses très faibles, ce qui rend leurs concentrations infimes dans les eaux et leur présence plus difficile à détecter.

Communes pour lesquelles un dépassement a été observé en 2008

En 2008, 37 communes ont été concernées, partiellement ou en totalité, par un dépassement de la limite de 0,1 µg/l de pesticides dans l’eau potable. Cela représente 138 341 habitants soit 4,7 % de la population bretonne. La durée de dépassement a été le plus souvent de quelques jours. Ces quelques dépassements n’ont fait l’objet d’aucune restriction pour la consommation et la préparation des aliments. Au niveau national, 8,4 % de la population a été touchée par ces dépassements en 2007.

2. Enjeux

Destinés à combattre les ennemis des plantes et des cultures, les produits phytosanitaires sont utilisés en grande partie par les agriculteurs. Ils le sont aussi, en quantités non négligeables, par les collectivités pour le désherbage des routes, des voies ferrées et l’entretien des jardins publics et par les particuliers.
La présence de pesticides dans les eaux distribuées ne doit pas être négligée même si les apports liés à l’eau ne représentent qu’une faible part des apports totaux par ingestion (10 % selon l’Organisation mondiale de la santé), notamment vis-à-vis d’autres produits alimentaires (fruits, légumes, etc.).

Leur absorption peut entraîner des troubles nerveux, digestifs, respiratoires, cardiovasculaires, musculaires et endocriniens (croissance, reproduction et comportement des individus). Et nombre d’entre eux sont également classés cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.
Pour en savoir plus : lire notre article " Pesticides : atteinte à la biodiversité et à la santé humaine"

En Bretagne, 96 % des cours d’eau et environ 1/4 des eaux souterraines utilisés pour produire de l’eau potable, sont contaminés par les pesticides. Cependant, les traitements mis en œuvre sur cette eau pour produire de l’eau alimentaire (dilution, charbon actif, procédés membranaires, etc.) permettent l’élimination de ces substances dans les eaux distribuées. Les non-conformités résiduelles enregistrées sont dues à des dysfonctionnement ponctuels des dispositifs de traitement.

3. Objectif

Le suivi des concentrations en pesticides dans l’eau de distribution est réalisé dans un souci de santé publique. L’objectif de cet indicateur est de connaître l’évolution de la qualité de l’eau potable desservie aux consommateurs vis-à-vis des pesticides. La qualité s’améliore t-elle ? Quelle est la part de la population bretonne encore desservie par une potable en présence de pesticides ? Quelles sont les causes de non-conformité ? Cet indicateur est intéressant car il permet de mesurer les efforts réalisés par les services de distribution d’eau pour améliorer les traitements afin d’éliminer les pesticides présents dans les eaux brutes et offrir aux consommateurs une eau potable exempte de pesticides.

4. Définitions

Dans l’eau produite et distribuée à la population, la limite est d'au maximum 0,1 µg/l par substance et 0,5 µg/l pour la somme des substances.
En cas de dépassement des limites établies, des mesures sont prises par les pouvoirs publics et le distributeur pour prévenir les consommateurs d’éventuelles restrictions de consommation visant telle ou telle catégorie d’usagers, voire l’ensemble de la population desservie (affichage en mairie ou tout autre moyen).

5. Champ d’investigation

Dans cette fiche ne sont pris en compte que les résultats de la surveillance effectuée par les services santé-environnement des directions départementales des affaires Sanitaires et Sociales (Ddass) sur l’eau après traitements de potabilisation. En 2008, le contrôle sanitaire en Bretagne pour les eaux distribuées a porté sur 120 molécules de pesticides, donnant lieu à 32 000 résultats d'analyses.

6. Méthode

Une eau traitée est classée non-conforme pour l’année dés lors qu’au moins un prélèvement d’une concentration supérieure à la limite maximale autorisée est enregistré au cours de cette même année.