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Dernière modification le 25 janvier 2010

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comment ça marche ?

Comment bien implanter et exploiter son forage d’eau ?

Rédigé par :

Anne Carn-dheilly Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)




Forage d'eau Forage d'eau

Initiée en Bretagne, la définition dans un cadre réglementaire de prescriptions techniques pour l’implantation, la réalisation et l’exploitation d’ouvrage d’extraction d’eau souterraine s’est imposée dans la réglementation nationale. Ces prescriptions, si elles sont obligatoires pour les ouvrages non domestiques, sont fortement recommandées pour les ouvrages domestiques.


En Bretagne, la densité de forages d’eau réalisés par an (de 1200 à 1400 ouvrages), pour une grande partie implantés dans les exploitations agricoles et proches de source de pollutions potentielles, a conduit à une réflexion de la direction régionale en charge de l’Environnement de Bretagne et des polices de l’Eau, sur leur implantation dès 1999. Celle-ci a conduit à la promulgation, dans chaque département breton, d’un arrêté préfectoral spécifique imposant une série de prescriptions techniques pour l’implantation et l’exploitation des forages d’eau (Côtes d’Armor : 22/12/2000, Finistère : 21/11/2000 et 31/07/2003, Ille-et-Vilaine : 24/08/1999 et 30/10/2000, Morbihan : 17/07/2001). Ces prescriptions ont ensuite été reprises, en grande partie, dans les arrêtés ministériels du 11 septembre 2003 et dans la norme Afnor NF X 10-999 « forages d’eau et de géothermie », publiée en avril 2007.

Ces prescriptions techniques sont obligatoires pour la réalisation de tout ouvrage non domestique soumis à déclaration ou autorisation au titre de la police de l’eau. Cependant, dans un souci de préservation de la qualité des eaux et de la santé publique, les particuliers peuvent utilement s’inspirer des prescriptions techniques fixées dans cet arrêté et de la norme Afnor NF X 10-999 pour s’assurer que la réalisation de leur ouvrage permettra à la fois son utilisation pérenne et une protection efficace de la nappe captée.

En effet, chaque forage ou puits est un point de contact direct entre la surface et la nappe recoupée et son exploitation peut modifier les directions d’écoulements souterrains, c’est pourquoi, il est capital de veiller sur la qualité de son implantation, de sa réalisation et de son exploitation. Ceci dans l’intérêt direct du consommateur de l’eau pompée par l’ouvrage et, de manière indirecte, pour les consommateurs voisins ou pour la qualité de l’exutoire naturel de la nappe (source, rivière, lac, mer...).

Voici ici résumées les principales recommandations extraites de l’arrêté du 11 septembre 2003 :

1. Choix de l’implantation (art.4)

Le forage doit être éloigné de toute source de pollution (35 à 50 mètres minimum) car l’eau pompée à l’aplomb de cette zone rejoint directement et rapidement le forage.

2. Cas particulier du bord de mer ou de ria

Le forage ne doit pas traverser, lors de sa réalisation, l’eau salée présente sous l’eau douce en bord de mer ou de ria. Lors de l’exploitation de l’ouvrage, le niveau de l’eau ne doit pas descendre en dessous du niveau zéro de la mer pour ne pas entraîner l’eau salée vers le forage.

3. Le chantier doit être propre et ne pas engendrer de pollution (art.5)

4. La cimentation de l’espace entre le terrain et le tubage le plus extérieur est obligatoire (art.7).

Elle a comme fonction d’empêcher les eaux de ruissellement de rejoindre directement la nappe.
Son épaisseur minimale est de 5 cm pour garantir une continuité de la cimentation malgré les irrégularités du terrain.
Sur une hauteur définie par le terrain : maintien des terrains instables, occultation des arrivées d’eau de mauvaise qualité, impossibilité de communication entre des nappes d’eau différentes.
Cette cimentation doit être réalisée par injection sous pression, par le fond, pour que le ciment pénètre bien dans le terrain et comble tous les vides entre le terrain et le tubage.
L’ensemble assure la stabilité du forage par le scellement du tubage au terrain et prolonge sa durée de vie.

5. Protection de la tête du forage

La tête du forage est protégée par une buse fermée à clé, ancrée par ciment dans le sol (continuité de l’étanchéité de la cimentation annulaire du haut du forage) et ceinte d’une margelle de 3 m3 minimum en dôme vers l’extérieur (art.8).
Le forage doit porter une plaque portant les références du récépissé de déclaration de l’ouvrage.

6. Accessibilité

La mesure du niveau de l’eau doit être possible (accès, tube de mesure spécifique garantissant la pérennité du matériel de mesure) pour la réalisation de tests de la nappe par pompage afin de définir les caractéristiques de la nappe sollicitée, s’assurer des capacités de production de l’ouvrage (art.8 et 9) et de l’influence de ce pompage sur les forages et puits voisins.

7. Un rapport de fin de chantier doit être délivré à l’administration

Ce rapport doit comporter la date de réalisation du ou des ouvrages, leurs localisations, leurs numéros de la banque de données du sous sol (à solliciter auprès du BRGM), leurs coupes géologiques et techniques, les résultats des essais par pompage et des analyses d’eau. (art.10).

8. Ouvrage non équipé ou abandonné

Tout ouvrage non équipé ou abandonné doit être comblé par des techniques garantissant l’absence de pollution présente et à venir (art.13).

9. Raccordement à une installation alimentée par un réseau public

En cas de raccordement à une installation alimentée par un réseau public, un disconnecteur (et non deux vannes) sera obligatoirement installé à l’aval immédiat du compteur volumétrique d’eau. Ce dernier est obligatoire et doit être relevé régulièrement et les données disponibles pour l’administration.